
Depuis plusieurs mois, des informations partielles ou contradictoires circulent au sujet de la décision prise par mon équipe et moi-même d’interpeller le Tribunal administratif.
Il me semble aujourd’hui nécessaire de rappeler les faits et d’expliquer notre démarche, avec calme et clarté.
Une démarche guidée par l’intérêt général
Notre action n’a eu qu’un seul objectif : défendre l’intérêt général de la commune et préserver les emplois concernés.
Elle n’a jamais été dirigée contre une entreprise ou un projet en particulier, mais visait à obtenir des garanties et des éclaircissements sur des décisions engageant durablement l’avenir du site, des salariés et du patrimoine communal.
La fin de la délégation de service public historique
La municipalité a fait le choix de mettre un terme à la délégation de service public confiée jusqu’alors à la société golfique historique.
Cette organisation permettait depuis de nombreuses années :
- la pratique du golf dans de bonnes conditions,
- à des tarifs accessibles,
- avec une équipe de salariés expérimentés et ancrés localement.
Dans le même temps, le site a été confié à une société hôtelière pour une durée de 45 ans, selon les éléments portés à la connaissance du public, sans retour financier prévu pour la commune avant 15 ans.
Des engagements initiaux et une évolution du projet
Il avait été annoncé que l’activité golfique devait se poursuivre dans le cadre d’un partenariat entre la société golfique historique et le nouvel exploitant.
Dans les faits, cette coopération n’a pas abouti, et la société golfique a été écartée du dispositif.
Les salariés concernés se sont alors retrouvés dans une situation d’incertitude, sans visibilité claire et immédiate sur la poursuite de leur activité et sur le maintien de leurs conditions de travail. C’est cette situation humaine et sociale qui a motivé une grande partie de notre démarche.
La situation des salariés et le manque de garanties formalisées
Dans le cadre de l’évolution du mode d’exploitation du site, la question de la situation des salariés de la société golfique historique s’est rapidement posée.
En l’absence d’un dispositif clairement formalisé (qu’il s’agisse d’un transfert de contrats ou d’engagements écrits garantissant la continuité des emplois et des conditions de travail) les salariés concernés se sont retrouvés dans une situation d’incertitude.
Cette absence de cadre lisible et sécurisé, alors même que l’activité se poursuivait sous une autre forme, a constitué un point d’alerte majeur pour notre équipe. La protection des emplois et la clarté des engagements sociaux doivent, selon nous, être des priorités absolues dans tout projet engageant durablement la commune.
Des questions légitimes sur le foncier communal
Le site du golf représente 83 hectares, dont :
- 47 hectares loués à des propriétaires dignois sous forme de baux emphytéotiques,
- 36 hectares appartenant directement à la commune, donc à l’ensemble des citoyens.
L’évolution de certains de ces baux vers des dispositifs de type bail à construction au bénéfice du nouvel exploitant soulève des questions légitimes :
- sur l’usage futur de ces terrains,
- sur les garanties apportées à la commune,
- et sur la protection du patrimoine communal à long terme.
À ce jour, certains documents n’ont pas été rendus publics, ce qui entretient un climat d’incompréhension et renforce la nécessité d’un débat éclairé.
Une divergence politique assumée
Face à nos interrogations et à notre demande de clarification, la municipalité a choisi une communication unilatérale pour présenter sa position sur ce dossier.
Je prends acte de ce désaccord politique, tout en regrettant que le débat n’ait pas davantage porté sur les faits, les enjeux de long terme et les attentes légitimes des citoyens.
Transparence et responsabilité
Avec le temps, les décisions publiques doivent pouvoir être analysées sereinement.
Notre démarche n’a jamais eu pour but de bloquer un projet ou de nuire à un acteur économique, mais bien de défendre les intérêts de la commune, de ses habitants et des salariés, dans un esprit de responsabilité.
Nous continuerons à demander de la transparence, parce qu’elle est indispensable à la confiance, au débat démocratique et à la bonne gestion des biens communs.
Dire la vérité, expliquer les choix et rendre des comptes : c’est cette exigence qui guide notre engagement pour la ville.
La transparence n’est pas un slogan : c’est une méthode de gouvernance.
Gilles CHALVET
Tête de liste – Terre Dignoise 2026
